Vous avez dit TDAH ?

Comprendre le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’enfant et l’adolescent

Le trouble déficit de l’attention avec hyperactivité

Le TDAH est un trouble du neuro-développement. Le cerveau d’une personne TDAH ne fonctionne pas de la même façon qu’une personne dite “neuro-typique” (sans trouble du neuro-développement).

Le TDAH touche surtout les fonctions exécutives, les fonctions du cerveau qui permettent de :

  • Se concentrer
  • S’organiser
  • Gérer ses impulsions
  • Réguler ses émotions
  • Planifier le temps
  • Réaliser un effort sans motivation

Chez un enfant TDAH ces fonctions sont immatures ou inefficaces, au quotiden.


Historique et critères

Recul sur le TDAH : première description du trouble dans le 19e siècle puis beaucoup de dénominations pour parler de TDAH depuis 1994. C’est un trouble de la modulation de l’attention.

On observe un retentissement significatif dans le quotidien non expliqué par un autre trouble. Dans au moins 2 domaines de la vie (scolaire, familial ou social). Présence des symptômes constante et supérieure à 6 mois. Symptômes apparus avant l’âge de 12 ans. On s’appuie sur les critères du DSM5 (6 ou + symptômes doivent être présents et persistants depuis au moins 6 mois).


Ce que le TDAH n’est pas

  • Le TDAH n’est pas causé par un manque d’éducation.
  • Il n’est pas une maladie que l’on peut soigner.
  • Il n’est pas causé par certains aliments.
  • Il n’est pas un manque de volonté ou de la paresse.
  • Il n’est pas un caprice.
  • Il ne provient pas d’un manque d’exercice.
  • Il n’est pas causé par l’exposition aux écrans (même si les écrans peuvent augmenter les manifestations du TDAH).

Mais alors ? Que se passe t’il dans le cerveau ?

Tout se passe dans la zone du cortex préfrontal. C’est le chef d’orchestre du cerveau. C’est lui qui permet la concentration, organisation des actions, la gestions des impulsions, des émotions, l’anticipation et le maintien d’un effort dans le temps.

Chez un enfant TDAH cette zone du cerveau :

  • est moins activée
  • se développe plus lentement (2 à 3 ans de retard de maturation)
  • communique moins efficacement avec les autres zones du cerveau

Pour faire circuler l’information, deux neurotransmetteurs font les taxis : la dopamine et la noradrénaline.

Chez les TDAH :

  • ils sont produits en quantité insuffisante et/ou mal utilisés par le cerveau
  • le cerveau est en sous-stimulation

Les sous-type cliniques

  • Le TDAH mixte : symptômes d’hyperactivité/impulsivité et inattention.
  • Le TDAH à prédominance d’hyperactivité/impulsivité.
  • Le TDAH à prédominance inattention.

Les symptômes dans le quotidien

Liés au système d’auto-régulation (intolérence à la frustration, faible estime de soi, respect des règles, …)

Lié à la dysrégulation émotionelle (irritabilité, colères, humeur changeante, difficulté à se contrôler)

Lié à la dysrégulation motivationelle (focus attentionnel quand une tâche leur plait, si pas de motivation difficultés à passer à l’action demandée, peuvent être en boucle sur certaines demandes si non satisfaites, intolérence au délai et difficultés à terminer une action pour en débuter une autre surtout si peu intéressante).


Mot aux parents, familles

Maintenant que vous connaissez mieux ce qu’il se passe dans un cerveau de TDAH, la guidance parentale vous aide à :

  • Accompagner, guider et soutenir ce que le cerveau ne régule pas encore
  • Structurer l’environnement
  • Poser un cadre clair et sécurisant

Pas de magie : de l’amour, du soutien, des connaissances et du travail pour des petites et grandes avancées vers des relations apaisées.


Foire aux questions – Comprendre le TDAH

Le TDAH est-il une maladie ?

Non. Le TDAH est un trouble du neuro-développement. Cela signifie que le cerveau fonctionne différemment, notamment dans les zones qui gèrent l’attention, les émotions et les comportements. On ne « guérit » pas d’un TDAH, mais on peut apprendre à mieux fonctionner avec un accompagnement adapté.

Le TDAH est-il causé par une mauvaise éducation ?

Non. Le TDAH n’est pas lié au style parental, à un manque de cadre ou à une mauvaise volonté de l’enfant. Il est lié au fonctionnement du cerveau, en particulier au cortex préfrontal, qui se développe plus lentement et fonctionne moins efficacement.

Est-ce que les écrans provoquent le TDAH ?

Non. Les écrans ne causent pas le TDAH. En revanche, ils peuvent accentuer certaines difficultés (impulsivité, agitation, difficultés d’attention) chez un enfant déjà concerné.

Pourquoi mon enfant peut se concentrer longtemps sur ce qu’il aime mais pas sur ses devoirs ?

Le cerveau TDAH fonctionne avec la motivation. Lorsque la tâche est intéressante ou stimulante, la dopamine augmente et permet une bonne concentration. En revanche, lorsqu’une activité est perçue comme ennuyeuse ou difficile, le cerveau est en sous-stimulation, ce qui rend l’effort très coûteux.

Mon enfant le fait-il exprès quand il n’obéit pas ou explose ?

Non. Les difficultés de régulation des émotions et des impulsions sont liées au fonctionnement du cerveau. L’enfant TDAH ne choisit pas de perdre le contrôle : son cerveau n’arrive pas encore à freiner, planifier et s’autoréguler efficacement.

Le TDAH disparaît-il en grandissant ?

Le TDAH évolue avec l’âge, mais il ne disparaît pas. Certaines difficultés peuvent s’atténuer grâce à la maturation du cerveau et aux stratégies mises en place, mais le fonctionnement neurodéveloppemental reste spécifique.

Tous les enfants TDAH sont-ils hyperactifs ?

Non. Il existe trois formes de TDAH :

  • avec hyperactivité et impulsivité
  • avec inattention
  • forme mixte
    Un enfant peut être très distrait sans être agité.

Pourquoi parle-t-on de dopamine et de noradrénaline ?

Ce sont des neurotransmetteurs qui permettent au cerveau de faire circuler l’information. Chez les personnes TDAH, ils sont produits ou utilisés de manière moins efficace, ce qui explique les difficultés d’attention, de motivation et de régulation.

En quoi la guidance parentale aide-t-elle un enfant TDAH ?

La guidance parentale permet aux parents de :

  • mieux comprendre le fonctionnement du cerveau de leur enfant
  • adapter l’environnement
  • poser un cadre clair et sécurisant
  • soutenir ce que le cerveau ne régule pas encore

Elle transforme le quotidien et diminue les tensions familiales.

Est-ce qu’aimer son enfant suffit pour l’aider ?

L’amour est essentiel, mais il ne suffit pas à compenser un trouble neurodéveloppemental. Ce qui aide vraiment, c’est l’amour plus des outils, de la compréhension, un cadre adapté et un accompagnement structuré.